07.19.09
Le blog d’Astrid – Interview de Cendrine Marrouat
Sortons des chemins battus. Poésie de l’âme se compose des trente-neuf premiers poèmes que j’ai écrits dans ma carrière. Ils apparaissent dans l’ordre où je les ai rédigés, afin de montrer mon évolution à l’époque. Je voulais panser certaines blessures et j’étais en quête d’un équilibre spirituel que je pense avoir trouvé aujourd’hui.
2. Est-ce ton premier livre ? Depuis quand écris-tu ?
C’est mon premier et unique ouvrage en français mais le troisième en tout. Je l’ai publié en 2006.
Un soir de janvier 2005, je me sentais très triste. J’ai pris une feuille de papier et un stylo et, en 15 minutes, j’ai écrit ce qui devait devenir l’un de mes poèmes les plus personnels : « J’écris ton nom. » C’est comme ça que j’ai commencé…
3. Qu’est-ce qui t’attire dans la poésie ?
Pendant mes six ans d’études en anglais à l’université, j’ai dû chercher la petite bête dans tous les textes et les ouvrages que je lisais. La poésie, en particulier, était un monstre sacré que nous ne pouvions seulement appréhender de la manière dont les professeurs nous le demandaient. Il nous fallait faire attention aux sons, aux mots, aux syllabes, aux rimes, etc. Cela me sortait par les yeux !
Il m’a fallu commencer à écrire de la poésie pour comprendre que l’école et l’université avaient tout faux. La poésie, ce n’est pas simplement des rimes, des mots, des phrases, des sons ; c’est aussi une personne qui couche sur papier des sentiments et des impressions par rapport à une ou des situation(s) particulière(s). C’est une forme d’art à part entière.
Je peux dire aujourd’hui que ce qui m’attire dans la poésie, ce sont toutes les choses qui ont été occultées durant mes études. Je refuse absolument de lire en critique. J’écris et je lis des poèmes pour comprendre le fonctionnement de la nature humaine.
4. As-tu un poète ou poème préféré ?
Je n’ai pas de poème préféré. Par contre, je suis fan de plusieurs poètes : Alphonse de Lamartine, Victor Hugo, Khalil Gibran et Ralph Waldo Emerson…
5. Personnellement, je me suis retrouvée dans un bon nombre de tes poèmes, est-ce que tu t’inspires d’événements marquants de ta vie ou tu préfères évoquer des thèmes plus généraux ?
Un artiste tire toujours ses créations de sa propre expérience. Sortons des chemins battus est mon ouvrage le plus personnel. Les thèmes qui semblent plus généraux comme Dieu et la spiritualité sont véritablement des moments forts de ma vie que j’ai voulu partager.
6. Quel est le poème qui t’a le plus coûtée (= le plus difficile à écrire car trop perso par exemple)?
Aucun poème ne m’a demandé plus d’effort que les autres. Je prends généralement tout mon temps quand j’écris. Je suis perfectionniste et tout doit suivre une certaine logique. Tant que je ne l’ai pas atteinte, le poème n’est pas terminé…
7. Tu préfères écrire en anglais ou en français ?
J’ai commencé à écrire en français. Ce n’est que quelques mois plus tard que l’anglais a suivi.
Ma poésie fait usage de l’anglais quand elle traite de thèmes spirituels. Le français, lui, est réservé à des sujets plus concrets comme l’amour. Le français est la langue des sentiments par excellence ; l’anglais, contrairement à ce que l’on pourrait penser, a une complexité que l’on ne peut connaître que quand on l’a étudié en profondeur. C’est pour cela qu’il me passionne et que je l’utilise maintenant beaucoup plus souvent que le français.
8. Y-a-t-il une grande différence entre le public anglophone et le public francophone ?
Tout d’abord, une petite précision. Le public francophone est extrêmement varié. Il y a les Français, les francophones hors-France et les francophones canadiens. Dans cette dernière catégorie, il y a les Québécois et les francophones hors-Québec. Pour ce qui est du public anglophone, la différence est moins prononcée. Les Canadiens partagent d’importantes similitudes avec les États-Uniens, même si leur ouverture d’esprit est tout à fait différente.
Ceci étant dit, il y a effectivement une grande différence mais je dirais que c’est plutôt au niveau des pays et non des francophones ou des anglophones. Par exemple, le public français est extrêmement difficile à satisfaire. C’est celui qui m’a le plus critiquée et pas forcément constructivement. J’ai trouvé beaucoup moins de réticences vis-à-vis de ma poésie en français au Canada. Pour ce qui est de l’anglais, c’est là que j’ai réussi à m’épanouir. J’ai un grand public nord-américain qui lit pour le plaisir, sans juger. Personne ne m’a encore dit, contrairement aux lecteurs français : « tu devrais faire comme ci ou comme ça si tu veux vraiment être considérée comme une artiste à part entière. » Je suis passée plusieurs fois à la radio aux Etats-Unis. En France ? Presque impossible…
9. Pour finir, travailles-tu sur un nouveau projet en ce moment ?
J’ai toujours des projets plein la tête. Depuis 2005, j’ai auto-publié quatre ouvrages de poésie et écrit deux pièces de théâtre ainsi que plusieurs nouvelles. J’ai récemment sorti mon premier CD de poésie : Rizen – The CD. J’ai enregistré seize de mes poèmes, accompagnés de musique et d’effets sonores que des artistes très talentueux ont mis à ma disposition.
Pour le moment, je crois que mon projet à court terme est de me reposer. Travailler sur ce CD m’a demandé énormément de temps et de travail.
Ensuite, je souhaiterais reprendre la photographie et créer un DVD faisant suite à Rizen, DVD qui mettrait ensemble les morceaux déjà enregistrés et des photos prises au cours de mes voyages…
Questions pour Astrid Descameraux :
1) Je sais que tu es expatriée comme moi. Qu’est-ce qui t’a poussée à quitter la France ?
Une envie d’aventure et de connaître d’autres cultures, d’autres langues, d’autres façons de vivre, etc. Je n’avais pas envie d’une vie bien cadrée comme la plupart des gens.
2) Tu m’as demandé quelles étaient les différences entre les publics anglophone et francophone. Maintenant, c’est à moi de te le demander : étant toi aussi bilingue (et peut-être trilingue), quelles sont les différences que tu as notées entre le public sud-américain et le public français ?
C’est simple : ici au Mexique, les gens ne lisent pas donc on va dire que le public mexicain n’existe pas vraiment. Il est très dur de trouver des librairies sauf des librairies religieuses. C’est vraiment difficile pour moi qui aime tant lire ! Les Mexicains ne chérissent pas les livres comme les Français ; si tu veux publier un livre et que tu as l’argent, c’est simple : tu payes un imprimeur. Je me dis souvent que je devrais traduirePiment et Guacamole en espagnol comme ça je pourrais le vendre à l’école (Une de mes élèves a fait ça avec son premier livre et a vendu pas mal d’exemplaires !) mais c’est un énorme travail et je préfère me consacrer à écrire d’autres livres. Un jour, peut-être !
3) Comment et où te vois-tu dans dix ans ?
Aux États-Unis ou en Europe avec Gil et nos futurs enfants.
4) Alors, poésie mexicaine ou poésie française ?
Française ! La culture mexicaine est trop différente de la mienne et je ne me retrouve pas trop dans leur littérature …
Source: http://astridleblog.blogspot.com/2009/07/interview-cendrine-marrouat.html

